Changer de statut en micro-entreprise : est-ce le bon moment pour moi ?
- Albane Comot Rannaud

- 12 janv.
- 5 min de lecture

Entretien avec Nathalie Pliquet, experte en pilotage et suivi financier
Plus de 2 millions d’entreprises relèvent actuellement du régime de la micro (INSEE - octobre 2025) et c’est plus de 60 % des créations d’entreprise chaque année.
Accessible, simplifié, il constitue un bon tremplin pour se lancer. Mais s’il facilite les premiers pas, il est rarement adapté pour durer.
« Le problème, c’est qu’on s’installe dans ce statut sans vraiment le questionner. Or, la micro-entreprise est un cadre, pas une fin en soi. Il faut le revisiter régulièrement pour s’assurer qu’il sert encore le projet. »
Dans cet article, nous revenons sur les éléments qui doivent alerter, les bénéfices réels d’un changement de statut, et les bonnes questions à se poser pour prendre une décision éclairée afin de changer de statut quand on est en micro-entreprise.
Changer de statut en micro-entreprise : de quoi parle-t-on ?
Quand on évoque un « changement de statut », on parle ici de sortir du régime micro-entreprise, qui offre une gestion simplifiée mais plafonnée, pour adopter un statut juridique différent (EI au réel, EURL, SASU…) et/ou opter pour un régime fiscal plus adapté à son activité.
Sortir du régime micro peut permettre :
de développer une image plus professionnelle ou plus crédible vis-à-vis de certains clients ;
de lisser la pression fiscale et sociale sur l’année au lieu de la subir brut ;
de mieux gérer sa rémunération via des mécanismes de charges et d’optimisation ;
d’accéder à des outils comptables plus précis, mieux adaptés à la croissance ;
ou encore de bénéficier d’une meilleure protection sociale selon le statut choisi.
« Le régime micro simplifie tellement la lecture de l’activité que les entrepreneur·es finissent par perdre la réalité économique de leur entreprise. On ne connaît pas sa marge, on ne suit pas ses charges, on ne pilote pas. »
Pourquoi c’est un sujet à poser régulièrement
Ce n’est pas parce que vous êtes à la micro aujourd’hui que vous devez le rester.
Au contraire.
Le statut doit suivre l’évolution de votre activité.
Une entreprise qui grandit, qui fidélise, qui se structure, n’a pas les mêmes besoins qu’au moment de son lancement.
Pourtant, la plupart des entrepreneurs gardent leur statut d’origine, jusqu’à ce qu’un plafond soit atteint, ou qu’un événement les oblige à tout remettre en cause.
« Il faudrait réinterroger son statut tous les ans. Pas juste quand on frôle les plafonds, mais quand on sent que le modèle change. Chaque année, la loi de finances et les réformes sociales viennent modifier les règles du jeu. Autrement dit, ce qui est vrai aujourd’hui peut être caduc l’an prochain. C’est pour cela qu’il est essentiel de réinterroger régulièrement son statut. »
Le contexte réglementaire change.
Ces dernières années, les règles fiscales et sociales liées au régime micro ont évolué (baisse de l’abattement pour les prestations de service, calcul des cotisations, accès aux droits sociaux…). Ce qui était un bon choix il y a deux ans ne l’est pas forcément encore aujourd’hui.
Le statut peut freiner la crédibilité ou la relation client.
Et c’est un sujet plus récurrent qu’on ne le pense.
« Certains clients hésitent à travailler avec des micro-entreprises. La TVA est un vrai sujet. Pour un client pro, c’est plus simple quand elle est facturée. Et puis, il y a la légitimité : quand on se sent à l’étroit dans la micro, parfois il faut juste changer de cadre. »
Exemple pour une activité libérale
Une consultante réalise 50 000 € de chiffre d’affaires en micro-BNC.
L’administration applique un abattement forfaitaire de 34 % soit 17 000 €. Son revenu imposable est donc calculé sur 33 000 €.
En réalité, ses cotisations sociales (≈ 25 % du CA) représentent déjà 12 500 €.
Elle a également 10 000 € de charges de fonctionnement (logiciels, formations, frais km, assurances, téléphone, loyer…).
Ses charges réelles s’élèvent donc à 22 500 €, bien au-dessus de l’abattement de 17 000 €. Résultat, le régime micro sous-évalue ses frais réels et elle paie de l’impôt sur un revenu plus élevé que ce qu’elle touche vraiment.
Ce qu’on observe sur le terrain
Malgré ces enjeux, beaucoup d’entrepreneurs repoussent la décision. Par peur administrative, par méconnaissance, ou parce qu’ils ont reçu des conseils peu contextualisés.
« Les professionnels de l’accompagnement ont souvent un avis tranché. Certains experts-comptables vont recommander une SASU d’office, d’autres diront “restez en micro, c’est plus simple”. Mais un bon choix n’est pas un choix théorique : c’est un choix aligné avec la réalité du projet. »
Le vrai sujet, ce n’est pas de savoir s’il faut changer de statut, mais s’il est pertinent de le faire maintenant.
Et pour répondre à cette question, il faut croiser :
le chiffre d’affaires actuel et les perspectives ;
la typologie de vos clients (particuliers, pros, B2B, grands comptes…) ;
les investissements envisagés ;
votre rémunération et vos objectifs financiers ;
votre besoin de lisibilité, de pilotage, d’outils comptables…
et votre situation personnelle : besoins de trésorerie familiale, protection sociale (santé, maternité, retraite), projets privés (achat immobilier, sécurité du patrimoine…).
Ce que vous devez retenir
Être en micro-entreprise n’est pas une erreur. Mais y rester sans jamais reposer la question peut en être une.
Le bon statut est celui qui vous permet de déployer votre activité dans les meilleures conditions fiscales, sociales et stratégiques. Pas celui qui vous rassure par sa simplicité.
Une évolution de statut ou de régime fiscal peut améliorer votre pilotage, votre crédibilité, votre relation client et votre rémunération.
Ce travail ne peut pas être automatisé. Il doit être mené à partir de données précises, d’objectifs clairs, et d’une vraie lecture de votre activité.
4 questions à se poser pour savoir si le sujet vous concerne ;
Est-ce que mon statut actuel me limite dans mes projets de développement ?
Est-ce que mes clients attendent une gestion plus "pro" (TVA, devis, posture) ?
Est-ce que je subis ma fiscalité ou est-ce qu’elle sert mon activité ?
Est-ce que mon image et ma légitimité souffrent de mon statut actuel ?
Si ces questions vous parlent, il est peut-être temps de faire le point.
Et si vous ne savez pas par où commencer, Nathalie Pliquet peut vous aider.
À propos de Nathalie Pliquet
Et si votre gestion d’entreprise devenait un levier de décision plutôt qu’une source d'incertitudes ?
J’accompagne les entrepreneur·es individuel·les, freelances et petites structures qui veulent mieux comprendre leur activité, sécuriser leur rentabilité et prendre des décisions éclairées. J’allie stratégie financière, pédagogie et accompagnement sur-mesure pour transformer la gestion en outil de clarté et d’action.
Pas besoin d’être expert·e pour s’approprier ses chiffres : ce qu’il faut, c’est un cadre simple, des choix structurants au bon moment, et une vision lucide de son modèle économique. Avec une posture de copilote, je vous aide à poser les bons arbitrages — statut, TVA, rémunération — pour bâtir une activité alignée, viable et assumée.
A propos d’Albane Comot Rannaud
Et si vous arrêtiez de faire tourner votre activité sans vraie stratégie ?
J’accompagne les entrepreneur·es individuel·les qui veulent structurer leur activité, clarifier leurs priorités et mieux se rémunérer. Comme une associée (secrète), je vous aide à relier votre vision, vos ambitions et votre réalité de marché.
Diagnostic d’entreprise, plan d’action, offre, canaux, priorités : chaque accompagnement est individuel, concret et pensé pour enclencher un vrai changement.
Pas besoin d’équipe ni de levée de fonds pour penser stratégie. Ce qui compte : faire des choix solides, durables et adaptés à ce que vous voulez construire, aujourd’hui et demain.


